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Vincent Salimon, président du directoire de BMW Group France.

mercredi 5 février 2020, par Christophe Bourgeois, Louis DAUBIN

Vincent Salimon : « C’est au client de choisir la solution énergétique »

Vincent Salimon, président du directoire du groupe BMW France, nous dresse un portrait de l’année 2019 qui a été pour les trois marques du groupe allemand, une période riche en nouveautés, notamment pour BMW. 2020 le sera encore plus avec le déploiement d’une gamme de modèles hybrides rechargeables qui devraient séduire les entreprises.


KMS : 2019 a été une année riche pour le groupe BMW. Pouvez-vous nous la retracer ?
Vincent Salimon : Cela a été une année de renouvellement, assez atypique. Le première semestre a accueilli notamment la Série 8 et la Z4, des modèles importants ou d’image mais à faible volume. Le second semestre a été beaucoup plus dynamique avec la commercialisation de la nouvelle Série 1, de la Série 3 Touring et du profond restylage du X1, des modèles aux ambitions commerciales plus importantes. Nous avons d’ailleurs enregistré 1500 commandes pour la Série 1, avant même son lancement ce qui est une belle performance. Chez MINI, les ventes sont stables, mais il s’agit de notre cinquième année record consécutive. Quant aux deux roues (BMW Motorrad), nous progressons de 8 %. Nous commercialiserons 16 000 unités ce qui représente une part de marché de 17 %.

KMS : Et concernant le marché à entreprises ?
V. S. : Le marché à sociétés repose sur le segment C. Chez BMW, les sociétés et les loueurs longue durée représentent 30 % de nos ventes et chez MINI, 25 %. Nous pensons d’ailleurs qu’il existe un potentiel plus important pour MINI sur ce canal, notamment avec les Clubman et Countryman. Concernant les services, nous avons 48 business centers dans les 150 plus grandes concessions du réseau BMW en France. Ce sont des espaces dédiés avec des équipes commerciales formées, disposant d’offres spécifiques et adaptées aux besoins des entreprises.

KMS : Quelle est votre réponse aux nouvelles normes environnementales ?
V. S. : Je rappelle qu’aucun modèle, ni version n’a été supprimé de notre catalogue à cause du WLTP. Nous pensons que c’est au client de choisir la solution énergétique qui lui convient le mieux et non pas au constructeur d’imposer un type de moteur. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui sur une partie de notre gamme des offres 100 % thermiques ou électrifiées, appellation sous laquelle nous regroupons nos modèles électriques et les hybrides rechargeables. Chaque solution correspond à un besoin, nos forces commerciales sont là pour écouter et conseiller nos clients. L’électrique est parfait pour un usage urbain, et nous pensons que l’hybride rechargeable est adapté à un usage mixte, déplacement domicile-travail dans la semaine et trajets plus longs le week-end. Pour autant, les moteurs thermiques ont encore largement leur place, à commencer par l’essence, car c’est notre ADN, sans oublier le diesel qui reste encore la meilleure offre pour les gros rouleurs.

KMS : Les entreprises restent encore fortement diéselisées. Observez-vous cela dans le mix énergétique des voitures vendues par le groupe BMW ?
V. S. : Le diesel représente encore 60 % de nos commandes. A contrario, chez MINI, l’essence flirte avec les 90 %. Aujourd’hui, la gamme électrifiée affiche une pénétration de 9 %, mais cette part de marché va rapidement augmenter car en plus de la BMW 330e lancée en septembre, nous commercialiserons à la fin de l’hiver une version hybride rechargeable des X1 et X3, sans oublier chez MINI, la MINI Cooper SE en janvier qui, je pense, séduira les entreprises.

KMS : Vous misez beaucoup sur l’hybride rechargeable, mais il semblerait que tous les possesseurs de ce type de voiture ne la rechargent pas…
V. S. : Les comportements évoluent. Je prends l’exemple des Pays-Bas. Les PHEV y ont connu un beau succès car ils bénéficiaient d’avantages fiscaux, mais les études ont montré qu’effectivement, une bonne partie des clients ne rechargeaient jamais leur voiture, ce qui est d’ailleurs problématique pour le TCO, car un modèle PHEV est plus lourd que le même modèle thermique, donc les consommations s’envolent. Pour inciter les gens à recharger, nous avons mené une expérience à Rotterdam qui dispose d’une zone zéro émission sur son territoire. Nous informons notre client qu’il rentre dans cette zone réglementée et lorsqu’il passe en mode 100 % électrique, il bénéficie de crédits à utiliser sur notre application.

KMS : Cette offre pourrait-elle arriver en France ?
V. S. : Cela nous parait une initiative intéressante, nous y réfléchissons.

KMS : Observez-vous une évolution du comportement des clients dans le choix de la carrosserie ?
V. S. : Oui et non. Le SUV reste toujours un axe de développement très fort chez BMW ; cette carrosserie est d’ailleurs fortement plébiscitée par nos clients. Mais s’il y a dix ans, un client rentrait dans une concession et n’avait d’yeux que pour un SUV, c’est moins le cas aujourd’hui. Dans le même segment, il va s’intéresser également à la berline ou au Touring. Tout comme pour les moteurs, notre politique est de laisser le choix à nos clients.

KMS : Vous venez de lancer la Série 3 Touring. Les breaks séduisent-il les entreprises ?
V. S. : Cette version fonctionne très bien en Europe du Nord et dans une moindre mesure en Italie. C’est plus compliqué sur le marché français, mais nous observons une montée en puissance des prises de commande ce qui nous fait penser que le mix entre la berline et le Touring sera a minima équilibré.

KMS : Quelle est votre regard sur le marché du premium en France ?
V. S. : Avec une part de marché d’environ 10 %, il reste stable. Néanmoins, de nouveaux acteurs sont arrivés et même si certains sont sur des marchés de niche, cela montre un marché dynamique.

KMS : BMW, c’est aussi BMW Motorrad. Comment la moto est-elle perçue dans les entreprises ?
V. S. : Elle est méconnue. Surtout par les loueurs longue durée, ce qui explique qu’elle est peu présente dans les entreprises, alors que dans le cadre de la mobilité, le deux roues est une alternative très intéressante à l’automobile. Les sociétés ne représentent que 20 % des ventes de BMW Motorrad, nous estimons que le potentiel est plus important, notamment sur le scooter électrique avec par exemple notre modèle C Evolution. Il rencontre d’ailleurs un succès phénoménal car les délais de livraison sont portés à l’été prochain. Pour info, la France prend la moitié de la production de l’usine.

KMS : Comment abordez-vous 2020 ?
V. S. : Comme 2018 et 2019, nous sommes dans des périodes de profonds changements, mais je suis serein. Les constructeurs qui s’en sortiront seront ceux qui disposeront d’une offre très large qui correspondra à tous les besoins des clients en fonction des orientations fiscales. Nous avons les capacités industrielles pour répondre à cette problématique. Je rappelle que nos moteurs essence et diesel disposent de 80 % de pièces communes. Nous saurons donc nous adapter à la demande, mais nous avons néanmoins besoin de stabilité et de visibilité.

KMS : Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs ?
V. S. : De ne pas s’inquiéter face aux changements fiscaux constants et surtout faire confiance à notre réseau qui est présent et formé pour écouter leurs attentes. Que vos lecteurs d’ailleurs n’hésitent pas à bien exprimer leurs besoins afin qu’ils puissent repartir avec le modèle et la version qui correspondent le mieux à ce qu’ils attendent d’une BMW.

Propos recueillis par Christophe Bourgeois et Louis Daubin

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